Marketing Stories

Les coulisses de la com et du marketing

Étiquette énergie, Nutri-Score : lire un emballage sans se faire avoir

Avatar de Maëlle Quintin

·

4 min de lecture

Un emballage n’est jamais neutre : chaque logo, chaque pastille de couleur y est placée pour raconter une histoire au consommateur, souvent plus flatteuse que la réalité du produit. Certains de ces signes reposent sur une réglementation stricte et vérifiable. D’autres ne sont que des promesses habillées en certification. Voici comment faire la différence en quelques secondes, au rayon.

L’étiquette énergie européenne, un vrai référentiel commun

L’étiquette énergie européenne, avec ses lettres de A à G et son code couleur du vert au rouge, s’appuie sur une méthode de mesure harmonisée à l’échelle de l’Union européenne, contrôlée et régulièrement révisée à mesure que les appareils progressent. C’est l’un des rares logos d’emballage dont la note ne dépend pas du fabricant lui-même : elle résulte d’un test standardisé, comparable d’une marque à l’autre, ce qui en fait un repère fiable pour comparer deux appareils électroménagers ou électroniques avant achat.

Le Nutri-Score, une note utile mais pas une garantie absolue

Le Nutri-Score, ce logo à cinq lettres et cinq couleurs apposé sur les produits alimentaires, calcule sa note à partir d’une formule qui prend en compte les nutriments à favoriser et ceux à limiter, pour 100 grammes de produit. Il reste un outil de comparaison utile entre produits d’une même catégorie, mais il ne dit rien de la qualité globale d’une alimentation, ni de la présence d’additifs, ni du degré de transformation du produit. Un plat industriel bien noté reste un plat industriel : le Nutri-Score compare des emballages, il ne remplace pas le bon sens sur la composition d’un repas.

Origine France Garantie, un label qui engage vraiment

Contrairement à des mentions comme « conçu en France » ou « assemblé en France », qui laissent une grande latitude sur la part réelle de fabrication française, le label Origine France Garantie repose sur un cahier des charges précis : une part majoritaire du prix de revient du produit doit être réalisée en France, et les caractéristiques essentielles du produit doivent y être acquises. C’est un audit indépendant qui vérifie ces critères, pas une simple déclaration du fabricant sur son propre emballage. Cette distinction se retrouve, dans une moindre mesure, sur tout logo accompagné d’un organisme certificateur clairement identifié sur l’emballage : sa présence signale généralement un contrôle réel, tandis que son absence doit inviter à regarder la mention avec plus de recul.

Les mentions qui ne garantissent presque rien

À l’inverse, des formulations comme « naturel », « traditionnel » ou « comme autrefois » ne correspondent à aucune définition réglementaire précise en dehors de quelques usages très encadrés. N’importe quel fabricant peut les employer sans audit ni contrôle extérieur, tant que la mention ne devient pas explicitement trompeuse au sens du droit de la consommation. C’est là que le marketing l’emporte largement sur la garantie : ces mots sont choisis pour leur effet rassurant, pas pour leur contenu vérifiable. Un fabricant sérieux, quand il a une vraie preuve à apporter, préfère d’ailleurs presque toujours un logo certifié à une formule vague : c’est souvent l’absence de label vérifiable qui en dit le plus long sur ce qu’un emballage cherche à faire oublier.

Qui vérifie, en cas de doute

La DGCCRF, la direction générale chargée de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, contrôle les allégations commerciales et peut sanctionner un étiquetage trompeur, y compris a posteriori après la mise en vente d’un produit. Ses enquêtes annuelles, consultables sur economie.gouv.fr, montrent régulièrement que les allégations les plus floues sur un emballage sont aussi les plus fréquemment épinglées, faute de définition légale à laquelle les rattacher.

Le réflexe qui change tout au rayon

Face à un emballage, la question à se poser n’est pas « qu’est-ce que ce logo me dit », mais « qui contrôle ce que ce logo affirme ». Un logo adossé à une réglementation ou un audit indépendant, comme l’étiquette énergie ou Origine France Garantie, mérite la confiance qu’on lui accorde spontanément. Une formule sans définition légale, aussi rassurante soit-elle sur le carton, ne mérite que la prudence qu’on réserve à n’importe quel argument commercial. Les comparatifs publiés par UFC-Que Choisir reviennent d’ailleurs régulièrement sur ces écarts entre promesse d’emballage et composition réelle, un exercice utile à refaire soi-même de temps en temps, ne serait-ce que sur les produits achetés chaque semaine sans plus y penser.


Avatar de Maëlle Quintin

À lire aussi